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Dépêche de Kabylie   Fatima Ameziane Le 14 avril 2015

Tizi-Ouzou à l’initiative du mouvement associatif local

L’association pour l’environnement ECO ALVA de Hourra organise, en collaboration avec la maison de jeunes de Bouzeguène, un cycle de formation sur la gestion des déchets et la gestion financière des associations.


La formation aura lieu les trois derniers samedis de ce mois d’avril et le premier du mois de mai, dans la grande salle de la maison de jeunes Chellah Mohand, au profit des associations environnementales de la daïra de Bouzeguène, principaux acteurs de la protection de la nature. En effet, depuis samedi 11 avril et jusqu’au 02 mai, les membres des associations qui activent à Bouzeguène pour la préservation de l’environnement, presque tous des universitaire des filières environnement et biologie, bénéficient d’une importante formation sur la meilleure manière de prendre en charge les déchets et la bonne gestion financière de leurs organisations respectives. La formation est assurée par l’enseignant chercheur Hammoum Arezki qui ne lésine pas sur les efforts pour aider sa région à sortir de la crise environnementale qu’elle vit.   « Je suis très optimiste quant à la réussite de ces associations. Celles-ci s’impliquent avec succès dans la gestion et prise en charge des déchets qui représentent aujourd’hui le souci de toute la planète. Nous devons donc agir tous ensemble, nous ne pouvons rester indifférents à cet état de fait. Le plus important est d’y arriver, peu importe le temps que ça puisse prendre. Il est évident qu’on ne peut pas corriger les comportements des citoyens en un mois ou même en une année. Nous devons tous être patients et motivés. Tous les acteurs de la protection de l’environnement doivent être formés pour savoir transmettre les techniques aux citoyens », dira Hammoum Arezki. Lors d’une projection vidéo, M. Hammoum a expliqué qu’il y a un long et vaste programme concernant les techniques de gestion de l’environnement, la collecte et le traitement des déchets. Le travail avec les producteurs de ces ordures et la technique de leur sensibilisation diffèrent d’un pays à un autre et d’un village à un autre. Une chose est sûre, l’être humain trouve toujours du mal à changer ses habitudes même en sachant que ça va apporter un plus positif pour lui et pour son entourage. Il faut donc, dira M. Hammoum Arezki, savoir travailler sur ce point. Le professeur a rappelé encore une fois que nous devions valoriser ces déchets qui représentent de l’argent et une économie. Les vidéos ont permis aux différentes associations de connaître des pays modèles en termes de gestion des déchets. Il y est notamment question du Japon, de la France, mais surtout de la Californie qui a réussi à recycler 80 % des déchets. Cet Etat américain a le projet de 0 déchet d’ici 2020 et compte interdire aux entreprises de fabriquer tout produit qui ne soit pas recyclable. Le professeur invitera les gens à copier les occidentaux dans leurs manières de gérer les ordures et à s’occuper de l’environnement dans chaque geste du quotidien. Les associations, qui sont les porte-parole de la société civile, font un travail extraordinaire. Dans tous les villages, des centres de tri et des CET ont été créés ou sont en cours de réalisation, car c’est la meilleure façon de prendre en charge les ordures. Les membres des associations ont profité de l’occasion pour expliquer leurs méthodes de travail et exposer les difficultés rencontrées au début de leur combat. « Nous collectons les déchets recyclables et nous les stockons dans des garages. Pour les autres ordures, nous les jetons dans une décharge. Nous en étions à la première démarche, mais là nous apprenons grâce à cette formation que nous pouvons vendre les déchets recyclables qui peuvent rapporter de l’argent pour notre village. En plus, il y a des gens dans la région qui ont des entreprises qui n’attendent que nos déchets pour travailler, et ça marche très bien », dira Kenza Aoua, présidente de l’association ‘’Esser Bouadhrer’’ (le charme de la montagne), de Mehagua, dans la commune d’Idjeur. « L’objectif est de permettre aux associations de Bouzeguène de se rencontrer, de parler de leurs soucis et partager leurs compétences. A Hourra, nous avons commencé le compostage et le tri des déchets et les citoyens s’impliquent et s’adaptent aux nouvelles méthodes de protection de l’environnement. Ils nous facilitent la tâche et nous aident à mieux avancer », dira Saidani Ouardia, présidente de l’association ECO ALVA de Houra. Toutes les expériences des associations de Bouzeguène se ressemblent. Celles-ci s’entraident pour y arriver et les autorités sont appelées à encourager leurs actions et à les motiver. La rencontre a été bénéfique pour l’ensemble de l’assistance et toutes les associations ont confirmé leur besoin de ce genre d’initiatives pour être plus efficaces dans la société.